Micro crédit : Petit commerce au marché

Quels sont les projets que nous finançons par le microcrédit ?

Dans un pays comme Madagascar moins de 10 % de la population a accès aux services bancaires.

Il existe une immense méfiance par rapport au crédit, considéré comme dangereux, du fait des remboursements qui peuvent mettre la famille en péril en cas d’échec du projet professionnel financé. La crainte c’est aussi d’en être réduit à utiliser l’argent emprunté pour des besoins impératifs comme la santé ou la nourriture quotidienne.

Des personnes intéressées en sont réduites à se cacher pour venir se documenter sur le microcrédit.

Il est apparu de toute façon nécessaire, de faire une action de formation  avant d’octroyer le crédit afin d’en expliquer les mécanismes économiques de base.

Le recours au crédit  s’envisage en général pour l’acquisition de l’outil professionnel en démarrant un investissement comme par exemple un minimum d’équipement de menuiserie ou une machine à coudre. Les personnes aidées ont le projet de pouvoir fabriquer des biens (vêtements, bijoux,  nourriture pour animaux…) qui en se revendant sur le marché très local (le quartier) permettront de générer des bénéfices qui serviront à l’amélioration de l’habitat, à l’installation d’un branchement électrique, à la santé, à l’éducation des enfants ou tout simplement à la vie de tous les jours…

Le microcrédit peut aussi permettre de financer des stocks comme par exemple :

>> Le stock de produits d’une épicerie de quartier.
>> L’achat en gros d’une marchandise (riz) et la revente au détail.

Il peut aussi permettre de démarrer une petite activité : par exemple un café ou un petit magasin de quartier.

La formation aussi est un des objectifs

Les candidats pour un premier crédit sont réunis 3 fois aux fins de formation. Cette formation est une contrainte du fait que beaucoup de personnes doivent faire une longue route pour venir assister à ces regroupements. Mais cette formation conçue comme une initiation aux mécanismes économiques de base est aussi un des objectifs de l’action.

>>La première réunion est une phase d’observation.
Le but de cette première présentation est de permettre aux candidats de se rencontrer, de parler de leurs projets de création d’un outil professionnel, de parler aussi des risques, de faire prendre conscience de la signification de la solidarité du groupe. En cas de défaillance de l’un des membres, la charge de remboursement repose sur les autres membres du groupe.
L’animateur de l’ADRD met en confiance et répond aux questions.

>>Une séance de formation est organisée pour expliquer ce qu’on peut faire ou ne pas faire avec l’argent du prêt :

L’argent du prêt est destiné à acquérir un bien professionnel qui génèrera des revenus futurs.
Même en cas d’extrême urgence, il est impossible de prélever une part ou la totalité du prêt pour toute autre usage :

même en cas de maladie
même à l’occasion de l’organisation d’une cérémonie familiale
l’argent ne doit pas être confié à qui que ce soit même le conjoint ou les enfants

La périodicité prévue pour le remboursement est hebdomadaire.
Cela implique de passer à l’ADRD chaque semaine. Si on ne peut s’engager en ce sens, on ne peut emprunter.
Des pénalisations sont prévues pour les retardataires.

>>Une séance de formation a pour objet de présenter les différents projets et de le soumettre au regard du groupe :

Les candidats sont réunis en groupe de 3 ou 4 personnes, se choisissent un nom de groupe et expliquent leur projet.

Le but de cette séance est de susciter des questions, de donner des avis, de faire réfléchir à certains aspects, apprendre les meilleures pratiques, les trucs, et astuces.
L’attention est aussi attirée sur les risques inhérents à l’activité choisie.

Les effets de l’amélioration du revenu familial font tache d’huile

Les quelques familles qui ont amélioré leur revenu consomment davantage ce qui se diffuse dans l’économie locale et sur le marché du travail.

La vitesse de diffusion est fonction du nombre de familles qui voient leurs revenus augmenter et le processus ne fonctionne vraiment que si les bénéficiaires de micro crédit sont suffisamment nombreux. C’est pourquoi nous préconisons de limiter le périmètre géographique afin de densifier nos actions.

Le concept de société

Nous avons constaté à Diégo que la structure sociale est infiniment individualiste et éclatée. La famille joue un grand rôle et des solidarités existent mais il n’est pas habituel d’entreprendre à plusieurs.

Dans la distribution de nos micro crédits nous imposons la constitution de groupes solidaires. Nous demandons qu’un groupe de 3 à 5 personnes se forme, que chacun soit solidaire du remboursement pour l’ensemble du groupe et de choisir un nom pour le groupe. C’est difficile pour beaucoup d’emprunteurs.

Dans les faits à l’évidence, surtout pour un premier prêt chaque bénéficiaire à son propre projet et le groupe n’est qu’une contrainte. Mais petit à petit nous espérons parvenir à des regroupements de prêts pour une même activité dans le cadre de la création d’une mini société.

Diego Dévéloppement est une association pour le développement de Diego et de Madagascar
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